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    Charges récupérables sur le locataire : liste officielle 2026 et régularisation

    10 mai 20267 min de lecture
    Charges locatives
    Régularisation
    Gestion locative

    Sophie est propriétaire d'un T3 en copropriété à Lyon. En janvier 2026, le syndic lui a adressé un appel de fonds exceptionnel de 1 800 € pour des travaux de ravalement de la cage d'escalier. Sa question, légitime, a été immédiate : combien puis-je répercuter sur mon locataire ? La réponse dépend de ce que prévoient les décrets de 1987 et 2002 — et la majorité des bailleurs se trompent sur ce point. Charges récupérables locataire : voici la liste officielle, le mécanisme de régularisation, et les erreurs à ne pas commettre en 2026.

    Le principe des charges récupérables

    En droit locatif français, toutes les charges ne se valent pas. Le bailleur supporte certaines dépenses à titre définitif ; d'autres peuvent être refacturées au locataire sous forme de charges locatives récupérables. La liste est fixée par deux textes réglementaires :

    • Décret n° 87-713 du 26 août 1987 pour les logements loués vides (bail nu).
    • Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 pour les logements meublés.

    Ces listes sont limitatives : ce qui n'y figure pas ne peut pas être récupéré sur le locataire, quoi que dise le bail. Une clause qui tenterait d'élargir cette liste serait réputée non écrite par les tribunaux.

    Les charges récupérables s'articulent autour de trois grandes familles : l'entretien des parties communes de l'immeuble, les dépenses d'eau et de chauffage, et certaines taxes dont la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM).

    La liste officielle des grandes catégories

    Le tableau ci-dessous résume les quatre grandes catégories de charges récupérables et donne, pour chacune, des exemples concrets de ce qui est récupérable et de ce qui reste à la charge du bailleur.

    CatégorieExemples récupérablesNon récupérables
    Eau et assainissementEau froide, eau chaude, frais de relevé compteurInstallation/remplacement compteurs
    AscenseurÉlectricité, entretien courant, petites réparationsGros travaux, remplacement moteur
    Parties communesNettoyage, produits d'entretien, gardiennageTravaux de ravalement, remplacement boîtes aux lettres
    Chauffage collectifCombustible, entretien chaudière, robinets thermostatiquesRemplacement chaudière, installation

    Revenons à Sophie et ses 1 800 € de ravalement. Le ravalement des parties communes figure explicitement dans la colonne "Non récupérables" : il s'agit d'un gros travaux d'entretien de l'immeuble, à la charge du propriétaire. Sophie ne peut donc pas répercuter un centime de cette facture sur son locataire.

    Les provisions sur charges et la régularisation annuelle

    Le mécanisme le plus courant est celui des provisions mensuelles sur charges. Le locataire paie chaque mois, en plus du loyer hors charges, une provision destinée à couvrir les charges locatives à venir. Ce n'est pas une somme définitive.

    Une fois par an, le bailleur doit procéder à la régularisation des charges :

    • Il additionne toutes les charges récupérables réelles de l'année (relevés de copropriété, factures d'eau, TEOM, etc.).
    • Il compare ce total aux provisions déjà versées par le locataire.
    • Si les charges réelles sont supérieures aux provisions : le locataire paie le complément.
    • Si les charges réelles sont inférieures aux provisions : le bailleur rembourse le trop-perçu au locataire.

    Obligation légale importante : avant de procéder à la régularisation, le bailleur doit communiquer le décompte détaillé des charges au locataire au moins 1 mois à l'avance. Ce décompte doit indiquer le total des charges, la part récupérable, et la différence par rapport aux provisions versées. À défaut, le locataire peut contester la régularisation.

    Comment calculer le bon montant de provision

    La méthode pratique est simple : partez du dernier relevé annuel de charges de copropriété, identifiez la part récupérable, et divisez par 12. L'objectif est d'éviter les régularisations trop importantes en fin d'année, qui peuvent surprendre le locataire et créer des tensions.

    Exemple chiffré

    • Charges de copropriété annuelles totales : 3 600 €
    • Part récupérable sur le locataire : 45 % soit 1 620 €/an
    • Provision mensuelle recommandée : 1 620 ÷ 12 = 135 €/mois
    • Ajustez à la hausse de 5 à 10 % si les charges ont tendance à augmenter d'une année sur l'autre.

    Si vous venez d'acquérir le bien et ne disposez pas d'un historique, demandez au syndic les appels de charges des deux dernières années. En l'absence de données, la loi autorise de partir des charges prévisionnelles votées en assemblée générale.

    Les erreurs les plus fréquentes des bailleurs

    La gestion des charges locatives concentre une grande partie des litiges bailleur-locataire. Voici les quatre erreurs les plus courantes, et comment les éviter.

    • 1. Refacturer les travaux de réparation au locataire. Le remplacement d'une chaudière collective, le ravalement de façade, ou la réfection d'une toiture sont des charges de propriétaire. Les refacturer, même partiellement, expose le bailleur à une action en remboursement et à des dommages et intérêts.
    • 2. Ne pas régulariser pendant plusieurs années, puis envoyer une grosse facture. Techniquement légal dans la limite de la prescription de 3 ans, mais désastreux pour la relation locative. Un locataire qui reçoit une régularisation de 1 500 € d'un coup peut contester, retarder, voire ne pas payer. Régularisez chaque année.
    • 3. Oublier de mentionner les charges dans le bail. Le bail doit préciser si les charges sont récupérées sous forme de provisions (avec régularisation annuelle) ou de forfait (montant fixe, sans régularisation). En l'absence de mention, les provisions sont présumées — mais le litige est garanti.
    • 4. Confondre charges et loyer dans le quittancement. La quittance de loyer doit distinguer clairement le loyer hors charges, les provisions sur charges, et le total. Une quittance globale sans ventilation est irrégulière et peut poser problème en cas de contrôle fiscal ou de litige.

    Comment FacturZen gère les charges et la régularisation

    FacturZen vous permet de configurer une provision mensuelle par bail. Le logiciel suit automatiquement le cumul des provisions versées par le locataire et, en fin d'année, génère le récapitulatif de régularisation en un clic : total des charges récupérables réelles, total des provisions encaissées, solde à réclamer ou à rembourser.

    Chaque quittance émise ventile automatiquement le loyer hors charges et la provision sur charges, conformément aux obligations légales. Vous pouvez gérer un parc de plusieurs biens, chacun avec ses propres provisions, sans jongler entre des fichiers Excel. Découvrez le logiciel de gestion locative FacturZen et simplifiez votre gestion des charges dès aujourd'hui.

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    Questions fréquentes

    Quelles charges peut-on récupérer sur le locataire ?

    Les charges récupérables sont limitativement énumérées par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 pour les logements vides, et par le décret n° 2002-120 pour les logements meublés. Elles comprennent principalement : l'entretien des parties communes, les dépenses d'eau froide et chaude, les charges d'ascenseur, le chauffage collectif, et certaines taxes comme la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.

    Comment fonctionnent les provisions sur charges ?

    Le bailleur peut demander des provisions mensuelles sur charges, calculées sur la base des dépenses de l'année précédente. Une fois par an, il doit procéder à la régularisation : si les charges réelles dépassent les provisions, le locataire paie le complément ; si elles sont inférieures, le bailleur rembourse le trop-perçu. Le bailleur doit communiquer le décompte des charges au locataire au moins 1 mois avant la régularisation.

    Le bailleur peut-il facturer des charges non-récupérables au locataire ?

    Non. Seules les charges listées dans les décrets sont récupérables. Le bailleur ne peut pas refacturer des travaux de réparation (à sa charge), des frais de gestion locative, ni des impôts comme la taxe foncière. Toute clause du bail tentant de transférer ces charges au locataire est réputée non écrite.

    Quel est le délai pour régulariser les charges ?

    La loi ne fixe pas de délai strict, mais la prescription est de 3 ans pour les charges. Le bailleur peut donc régulariser jusqu'à 3 ans en arrière. En pratique, il est recommandé de régulariser chaque année, au plus tard dans les 3 mois suivant la clôture des comptes de la copropriété.

    Le locataire peut-il demander les justificatifs des charges ?

    Oui. Le locataire peut demander à consulter les pièces justificatives (relevés de copropriété, factures, etc.) dans le mois qui suit l'envoi du décompte. Il peut également demander une copie contre frais. Ce droit s'applique pendant 6 mois après l'envoi du décompte.

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